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Découverte #2 – Chapitre 1 de « BLOOD OF SILENCE #1 »

Coucou tout le monde !

On continue de publier nos premiers chapitres 1 avec BLOOD OF SILENCE 1.

Bonne lecture ! Nous espérons que cet avant-goût vous fasse envie !

Des bisous

Am & Mary


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BLOOD OF SILENCE #1


Hurricane

CHAPITRE 1

Rencontre


— Bonjour, vous pourriez jeter un œil à ma voiture ? J’ai peur que ce soit sérieux.

Une petite voix douce vient me troubler alors que j’ai presque fini, je n’ai pas envie d’arrêter maintenant que je suis proche de la fin.

— Non.

— Pardon, mais vous êtes bien mécanicien ?

La voix s’approche un peu plus, encore une bourgeoise qui s’est perdue et je n’ai pas envie de perdre mon temps.

— Oui.

— Eh bien, faites votre boulot, alors !

Je souris en baissant la tête sur mes carénages. Justement, c’est ce que je fais, mon travail.

— Vous m’écoutez quand je vous parle ?

— Oui.

Je l’entends souffler et ses talons s’approchent de plus en plus de moi. Je me penche sur le côté et jette un œil à la voiture en question. Je ne peux me retenir de rire, le moteur fume tellement qu’à mon avis, elle n’est pas près de rouler sa Mercedes.

Je retourne à ma moto, encore quelques vis à serrer et je pourrai enfin remonter dessus. Il était temps. Elle me manque ces temps-ci. Deux semaines à me traîner avec la vieille Honda de Creed, je suis à bout.

— Votre vocabulaire se limite à deux mots : oui et non, où vous allez me dire où je peux trouver un mécanicien qui veuille bien s’occuper de ma voiture ?

— Y’en a pas ici.

— Zut, mais c’est bien un garage quand même !

Elle s’énerve à présent, elle doit avoir l’habitude d’obtenir tout ce qu’elle veut en un claquement de doigts et ne doit pas supporter la frustration.

— Oui.

— Alors, où est le problème ?

Sans relever le nez de ma moto, je tends la main au-dessus de moi pour lui montrer l’enseigne du garage en espérant que dans son beau quartier on lui a appris à lire. Elle devrait vite comprendre qu’ici, on répare les deux roues.

— Ah.

— Oui.

Je l’entends souffler, faire quelques pas en direction de sa voiture puis revenir.

— Vous auriez un téléphone ? Le mien n’a plus de batterie.

Je ne réponds pas, trop occupé à serrer la dernière vis, à penser que bientôt je vais l’enfourcher et enfin retrouver ma Ducati et la vitesse qui va avec.

— Vous pourriez au moins me regarder quand je vous parle !

Je ne la regarde pas, mais je vois très bien sa main manucurée au vernis aussi rouge que celui de mon bébé posé sur ma moto.

— Enlève ta main.

Elle ne bouge pas, pourtant rien que voir sa main dessus m’énerve. On ne touche pas ma moto sans mon autorisation. Je me redresse pour regarder la bourgeoise qui vient troubler ma journée qui commençait bien. Il fait beau et ma moto est enfin réparée. Mais non, il a fallu qu’elle vienne me casser les couilles. Je me tourne vers elle pour la renvoyer là d’où elle vient. Ma bouche s’ouvre, mais rien n’en sort dans l’immédiat. Elle me regarde, elle me détaille et je fais pareil. Petite blonde, toute menue, mais qui n’a pas l’air impressionnée par mes trente centimètres de plus qu’elle et sûrement autant de kilos. Ses yeux font le tour de ma personne, ses grands yeux bleus qui tentent de cacher son angoisse, due, je pense, à la panne de sa voiture devant le garage plus qu’à moi. Elle est belle, élégante, tellement pas à sa place dans la graisse et les moteurs. Pourtant, elle dégage comme une sorte de défi.

Je m’approche d’elle à quelques centimètres et fixe sa main.

— Enlève ta main.

— On se tutoie maintenant ?

Elle joue avec moi et avec le feu.

— Enlève ta main, dis-je d’un ton de moins en moins amical.

Elle s’exécute enfin et croise ses bras sur son ventre, sa petite poitrine tire sur son chemisier blanc impeccable et j’ai bien envie d’y mettre mes mains pleines de graisse, de la salir juste pour voir comment elle réagira.

— Vous avez un téléphone ou pas ?

Je m’essuie les mains sur un torchon et souris à la demoiselle qui détourne les yeux. J’enfourche ma moto et démarre en faisant rugir le moteur. Ah, ce bruit ! Je l’aime, le plus beau son au monde. La blonde me regarde, un peu étonnée.

— Monte ! je crie par-dessus le bruit du moteur.

— Pardon ?

Ses yeux s’écarquillent de surprise, je lui souris en cessant de faire ronronner le moteur.

— C’est toujours comme ça avec toi ? je demande, amusé par son visage presque apeuré maintenant.

— Comment ?

— Il faut répéter deux fois les choses pour que ton petit cerveau de blonde comprenne ?

Je ris devant sa mine contrite. À présent, elle est carrément en colère.

— Non, c’est juste que j’ai du mal avec le langage d’abruti !

Je ris à nouveau en faisant rugir le moteur et m’avance à son niveau, elle recule et je continue. Cette fille m’amuse, elle n’a pas froid aux yeux et tout ça m’excite de plus en plus.

— Monte ! Je reprends en espérant qu’elle s’exécute enfin.

— Il va falloir m’expliquer pourquoi je monterais sur cette moto, avec un abruti notoire.

— Tu veux un garage pour ta voiture ?

— Un téléphone me suffira.

— Il n’y en a pas ici, alors, tu montes ou tu te démerdes toute seule ?

Elle ne bouge pas et se retourne vers le garage où le téléphone sonne si fort qu’on l’entendrait à l’autre bout de la ville. Elle commence à se diriger vers le son et je lui coupe la route.

— On ne veut pas monter avec le grand méchant loup ? La peur t’en empêche ?

— Non, le bon sens, laisse-moi passer.

Je ne bouge pas et lui montre le siège arrière des yeux, avant de la fixer intensément.

— John ! je crie depuis le parking du garage.

— Oui ? me répond le mécanicien.

— Si la demoiselle te demande un téléphone, ne lui donne pas et dit à Creed que je suis parti essayer la moto.

— OK.

La blonde me lance des éclairs de ses beaux yeux bleus, ils me font penser à l’océan un jour d’orage, ombrageux et troublant.

— Alors ? Apparemment je suis ta seule solution, dis-je en lui tendant un casque.

Elle souffle et résolue elle monte enfin sur la moto. Ses mains vont se poser derrière ses fesses. J’avance violemment de deux mètres et elles les posent sur ma taille après avoir compris qu’elle risquait de s’envoler.

— Pourquoi essayer la moto ? Si elle n’est pas sûre...

Je démarre en trombe, elle s’accroche, je sens ses belles mains manucurées agripper mon t-shirt alors que je ne suis même pas sorti du garage. Une fois sur la route, j’accélère encore et son corps tout entier se cramponne à moi. Par chance, pour elle, le garage n’est pas bien loin. Je l’aurais bien traînée avec moi plus longtemps pour lui faire découvrir les joies de la vitesse, mais ce sera pour une prochaine fois. On passe un premier croisement, son corps s’appuie un peu plus sur le mien, sa poitrine s’écrase sur mon dos et je pourrais presque sentir les battements erratiques de son cœur. On passe le feu et on arrive déjà chez Jack. Je gare la moto sur le parking à l’entrée du garage, elle ne bouge pas et je dois détacher ses doigts un à un de mon torse.

— On est arrivés.

— H !

Jack sort du garage en souriant, il est le seul mécanicien à qui je confierais une voiture si je devais en prendre soin comme ma moto. La blonde se décide enfin à descendre, quand elle enlève le casque ses cheveux se répandent sur ses épaules, son visage est plus pâle que tout à l’heure et ses jambes tremblent.

— Ça va ? demande Jack en s’approchant de la demoiselle.

Elle fait signe que oui, Jack me regarde en riant.

— Tu lui as fait une peur bleue, on dirait.

Pourtant, on n’a même pas dépassé les 80. Je regrette de ne pas l’avoir emmenée plus loin, elle se serait sûrement évanouie.

— Que me vaut ta visite ?

Je regarde Jack pendant que la blonde tente de reprendre ses esprits, il doit avoisiner les cinquante ans, mais en paraît dix de plus. Petit et dégarni, il sourit tout le temps et sait mettre les gens à l’aise.

— La demoiselle est tombée en panne devant le garage.

— Et tu joues les chevaliers servants, maintenant ?

— On dirait.

La blonde se redresse et secoue la tête puis sourit à Jack.

— Jack, dit-il en lui tendant la main.

— Tennessee, répond la blonde en la lui serrant.

— Ça va aller, Tennessee ? Vous êtes bien pâle.

— Oui, ça va. Désolée, je ne suis jamais montée sur une moto, avant.

Je ris avec Jack et récupère mon casque.

— Je crois que le joint de culasse a pété.

— OK, je vais chercher les clés de la dépanneuse et je m’occupe de vous Tennessee.

Jack s’en retourne au garage et Tennessee s’approche de moi les mains sur les hanches. Apparemment, elle va mieux, vu le froncement de ses sourcils.

— Je croyais que tu ne connaissais pas les voitures.

— Je n’ai jamais dit ça. Je ne pratique pas, c’est tout.

J’enfile mon casque et démarre. Elle s’éloigne, encore apeurée par le bruit puissant du moteur.

— À bientôt, Tennessee.

— Je ne crois pas non.

— Oh si ! Crois-moi, on se reverra.

Je baisse la visière, ferme mon blouson et recule avant de faire demi-tour et de partir. Je quitte rapidement la ville pour l’autoroute. La circulation est fluide à cette heure-ci, je vais pouvoir en profiter. Je pousse la cinquième, le moteur gronde, mon bébé est revenu en forme. La vitesse augmente, le bruit, le paysage qui défile et le vent qui souffle, il n’y a plus que ça et moi. Je dépasse les deux cents sur la file de gauche, je me sens libre et entier, la vitesse m’apporte ce besoin constant d’adrénaline, c’est une drogue. Plus on va vite, plus on en veut. Je préfère cette drogue à ce que Creed s’envoyait dans les veines, je reste moi en plus fort et la descente est rapide et sans douleur. La circulation se densifie et je prends la prochaine sortie pour regagner la ville. Je n’aurai pas été bien loin, mais suffisamment pour voir que mon bébé roule à merveille.

J’arrive au garage et croise Tennessee et Jack qui s’occupe de sa voiture. Creed est là sur le parking à les mater, les bras croisés. Je me gare et le rejoins.

— Tu la connais la greluche ? me demande Creed en la montrant du menton.

— Ma future femme.

Mon pote tourne son visage vers moi, ses sourcils se froncent sur ses yeux bleus, il essaye de savoir si je suis sérieux ou pas.

— Quoi ?

— Femme ou plan cul ?

Je regarde Tennessee qui met une main en visière sur son front pour nous regarder. Je ne sais pas, cette fille m’amuse et m’excite en même temps. J’aime bien son côté coincé, mais un truc me dit qu’elle ne l’est pas tant que ça.

Une voiture déboule sur le parking manquant d’écraser Tennessee qui a juste le temps de faire un bond en avant, une voiture que je connais bien. Je vois Creed sourire avant qu’une tornade brune ne sorte de la voiture sans même couper le moteur.

— Aïe, me dit mon pote en me tapant l’épaule.

Elle s’avance vers nous, visiblement énervée, et pointe son doigt sur moi.

— Tu ne peux pas t’en empêcher, hein !

— Gina…

— Tu vas arrêter ça tout de suite, je n’ai plus dix ans !

Ma sœur Gina, une furie qui ne comprend pas que je fais ça pour elle.

— Ce mec est un con !

— Ça, c’est à moi d’en juger ! Merde, je ne me mêle pas de ta vie, ne te mêle pas de la mienne.

— Tu vas te calmer !

— Arrête de menacer mon copain et je me calmerai !

Son regard sombre me fusille comme si elle comptait m’arrêter rien qu’avec ça. Elle finit par faire demi-tour vers sa voiture pendant que Creed siffle à côté de moi.

— Je t’avais prévenu.

— Je ne le sens pas, ce mec.

— Y’en a aucun que tu sentes de toute façon.

C’est vrai. Mais c’est ma petite sœur et je ne veux pas qu’on profite d’elle. Je connais les hommes, j’en suis un, on est sans scrupules juste pour qu’une fille écarte les jambes. Gina fait demi-tour et sort du garage aussi rapidement qu’elle est entrée. Je n’ai même pas eu le temps de m’expliquer, mais je ne suis pas sûr qu’elle m’aurait compris de toute façon.

— Alors comment roule le bébé ?

Je retrouve le sourire instantanément.

— Merveilleusement bien ! Tu vas pouvoir récupérer ta poubelle.

Creed qui s’était penché sur ma moto me regarde durement, j’aperçois la cicatrice qu’il a sur le cou. Celle qui a failli le tuer.

— Ma poubelle t’a bien dépanné en attendant.

On rit tous les deux, j’adore mon meilleur pote, mon frère, le seul mec sur terre pour qui je donnerais ma vie sans réfléchir.

Des talons s’approchent. Je me retourne et Tennessee me sourit en s’avançant.

— Je voulais te remercier.

Je lui fais mon plus beau sourire, mais elle ne me regarde plus, c’est Creed qu’elle dévisage qui est toujours à genoux devant ma moto. Je sais très bien ce qu’elle voit, lui, ses tatouages, son air renfrogné qui font de lui un beau gosse qui en fait tomber plus d’une. Un instant plus tard, elle revient sur moi et me tend sa main.

— Tu ne m’as pas dit comment tu t’appelles.

— Effectivement.

— C’est toujours comme ça avec toi ?

— Comment ?

— Il faut faire des demandes explicites pour que ton cerveau d’abruti comprenne ?

Je prends sa main et la serre doucement avant de la caresser. Cette femme me plaît de plus en plus.

— Hurricane.


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